
Les œuvres
Biographie
Diplomé du Amherst College dans le Massachussetts, il a suivi les cours de la Skowhegan School of Painting and Sculpture et obtenu un Master of Fine Arts à la Indiana University de Bloomington.
Peter Flaccus a bénéficié de nombreuses et importantes résidences d’artiste notamment la Yaddo Residency à New York, et la MacDowell Colony dans le New Hampshire; en outre, il a gagné diverses bourses d’étude prestigieuses dont la New York Foundation for the Arts.
Au début des années 70, Peter Flaccus a emménagé à New York, ville dans laquelle il a commencé sa carrière artistique, exposant entre autres dans différentes galerie dont : Zabriskie Gallery, Monique Knowlton et Forrest Scott Gallery.
Au début des années 90, Peter Flaccus s’est installé à Rome et s’est consacré essentiellement au développement de la technique à l’encaustique, domaine dans lequel il est actuellement une figure prédominante.
Expositions personnelles et collectives
Sélection des expositions les plus significatives
Combustions à froid, Galerie L & C Tirelli, Vevey, CH, 2020
Galleria MacMaja Arte Contemporanea, Rome, 2019
Intragallery, Naples, 2018/2014
Art51, Lugano, CH, 2017
Artfairs “Art Miami”, Miami – James Barron Art, USA, 2017
Palazzo Cerio/Intragallery, Capri, 2015
Otto Gallery, Bologne, 2014
La Nube di Oort, Rome, 2014
Galleria Monty&Company, Rome, 2014
Galerie L’Agart, Amily, France, 2009
Ninni Esposito Arte Contemporanea, Bari, 2009/2004/2002/2000
La Casa delle Letterature, Rome, 2009
Il Frantoio di Capalbio, Capalbio, 2007
Galleria A.A.M., Rome, 2004
Stiftung Müllerhaus, Lenzburg, CH, 2004
Gallery Virginia Zabriskie, New York, 2004/1979
TeppichfabrikMalans, CH, 2002
Associazione culturale Marcello Rumma, Rome, 1999
Monique Knowlton Gallery, New York, 1999/1985
Galleria dell’Associazione Culturale Italo-Francese, Bologna, 1997
Travers Sutton Gallery, Seattle, WA, USA, 1985.
Presse
Alan Singer
Forme et formativité : œuvres de Peter Flaccus.
Il serait trop facile et rapide d’étiqueter comme abstraites les formes que Peter Flaccus nous offre, si palpables dans ces alléchantes compositions tactiles. La main est implicite dans l’insistante matérialité de ces œuvres. Malgré la prépondérance des figures géométriques, cercles, ellipses, arcs, courbes, paraboles, qui nous engagent dans les puretés mathématiques, ces œuvres de Peter Flaccus offrent des densités matérielles, des surfaces dures, des strates multiples, irréfutables preuves d’un monde physique. Pourtant la matière dure foisonne en traces de formation, perpétuellement naissante, fluide, passagère, imprégnée de couleur efflorescente et volatile. C’est en partie l’ancien métier de l’encaustique qui évoque cette paradoxale palpabilité. Après tout, la pratique de l’encaustique évoque la palpabilité en guise de malléabilité. Je n’entends pas, bien sûr, que ces œuvres soient conçues pour être touchées. Bien plutôt, elles touchent notre prédisposition à penser la dimensionnalité de la forme, c’est- à-dire notre relation à l’espace dans lequel toute forme se présente comme essentiellement changeante. La cire de l’artiste est dure et elle est molle, ou l’a été. Pour Flaccus donc, la forme n’est jamais séparée de la formativité. La cire, en particulier si l’on rappelle la fameuse anecdote de Descartes sur la cire dans les Méditations métaphysiques, est médiatrice de la représentation de l’image, de manière à suggérer le déroulement du temps, dans un processus soumis au changement. Descartes nous pousse à nous rendre compte que lorsque nous demandons ce qu’est une chose, par exemple un pain de cire, nous sommes guidés par nos sens. Mais si l’on expose la cire solide à la chaleur, ce que pratique justement l’encaustique, on comprend que la substance a pour médiateur l’esprit et que nos sens tiennent compte de la malléabilité de tout matériau dans le temps. Je n’associe pas le travail de notre artiste avec le cogito transcendantal de Descartes. Mais je tiens à noter l’importance de la façon dont, chez Peter Flaccus, le remodelage de la cire met le spectateur au contact avec l’humaine aptitude à changer, qui à aucune moment ne fixe l’expérience d’autoréalisation.
En déployant le concept de remodelage, je n’entends pas imputer quoi que ce soit de sculptural à ces images, bien qu’elles offrent relief et incision, position et superposition. Ce sont résolument des tableaux, qui mettent l’accent sur la façon dont la couleur et le contour physique font partie de la puissance de représentation de chacun. L’éloquente stratification et la découpe du plan de l’image forcent le spectateur à prendre conscience de ce que l’on pourrait appeler une orientation topographique dont il faut tenir compte dans l’œuvre de Flaccus. Les traces palpables sont la preuve d’un processus potentiellement en cours. Cependant ces œuvres ne demandent pas à être traitées de la manière simpliste qu’ont couramment les critiques d’art en louant les tableaux dépourvus d’engagement pour la forme. Au contraire, les tableaux de Flaccus sont la preuve éclatante de quelque chose de spécifique qui transparaît, d’une mise en forme. Et pourtant, elles sont aussi dûment respectueuses des contingences de formation : espace, temps, chaleur, froid, solide, liquide. L’art de l’encaustique fait travailler sur des matériaux qui sont toujours la preuve d’un changement d’état. Le degré auquel les œuvres de Peter Flaccus mettent en scène le changement d’état qui constitue leur facture est partout évident. Il faut être attentif à la façon dont les images de Flaccus dégagent des formes dans les formes, des couleurs superposées ou émergeant d’autres couleurs, à l’apparition de la translucidité, à l’impression de profondeur sans surface, les surfaces s’affirmant en de forts rubans de relief. Le pigment ajouté à la cire chaude mêlée de résine, base du processus, est refroidi puis réchauffé. La permutation est une donnée. La transfiguration est manifeste. L’artiste cisèle, emplit, lisse, ponce. Lorsque j’affirme que les compositions suggèrent au plus haut point la vivacité d’une carte topographique, j’entends quelque chose de tout à fait spécifique. Elles sont semblables à une carte topographique en ce sens qu’elles suggèrent des chemins pour traverser l’espace. Elles le font avec une conviction intensément sensuelle que l’expérience de la traversée est substantielle en soi. Nous suivons les contours de la cire là où le flux de couleurs et de formes apparaît comme objet et en acte.
À cet égard, les tableaux nous relient à la capacité d’apprécier la façon dont les formes changeantes prouvent la capacité du spectateur à changer – ce que toute perception de différence perceptuelle risque d’occulter. Ces tableaux nous rappellent que la couleur et la forme, comme les couleurs et les formes sur la terre, sont complémentaires au monde physique et aux contours qu’intensifie l’expérience de la prise d’espace dans le monde.
La couleur est essentielle à de telles intensifications dans l’œuvre de Flaccus. L’une des couleurs les plus stimulantes et constamment provocantes dans la palette de Flaccus est le rouge braise des fresques de Pompéi. Les murs de la Villa des Mystères viennent immédiatement à l’esprit. Après tout, depuis leur découverte, ils stimulent notre sensation d’une chose en devenir pour laquelle il n’y a ni règles, ni normes explicatives. Avec pertinence, Flaccus use de la couleur non comme allusion, non comme point de référence en histoire de l’art, non comme hommage à l’idée de vivacité. Aucune abstraction ne justifie l’emploi de cette couleur chez Flaccus. Son rouge pompéien est plus explicitement la continuité d’une pratique ancienne, non une notion de celle-ci. Son rouge pompéien n’est ni symbolique, ni conceptuel. La couleur apparente dans l’œuvre de cet artiste du XXIème siècle implique un changement d’état, non un état de fait.
De même, l’attention de Flaccus à la forme de l’ellipse éveille notre prise de conscience de l’événement en cours plutôt qu’en représentation ou que simplement présenté, présence inerte. À la différence du cercle, plus statique et idéalisant, l’ellipse a de la vitesse. Elle se meut, nous émeut. L’ellipse, après tout, est le moyen nécessairement illusoire de représenter un objet circulaire en trois dimensions. Elle élude la définition, fixe la spatialité. Dans plusieurs de ces tableaux, Flaccus a orné la forme géométrique (qu’elle soit incise ou superposée au déferlement de la couleur) d’une calligraphie numérique signifiant des valeurs qui ne sont ni nommables, ni utiles au calcul. Nous sommes de ce fait orientés vers leur présence comme aspect d’une expérience visuelle qui déjoue toute idée sur le type d’expérience qu’elle caractérise. En d’autres termes, les œuvres topographiques de Flaccus alimentent la traversée de l’espace. Elles ne planifient aucune destination.
Je ne saurais penser à plus humaine condition dont puisse témoigner un artiste.
Publications
Combustions à froid, catalogue de l’exposition, Sous le Patronage de la John Cabot University Rome, Galerie L&C Tirelli, 1800 Vevey-CH, 2020
Alan Singer, Form and Formativeness, in: Combustions à froid, 2020
Marcello Barison, Cosmografie: l’emisfero siderale di Peter Flaccus, in: Combustions à froid, 2020
Tanja Lelgemann, Ritorno a Napoli, 2014
Gabriele Simongini, L’icona ibrida, in: Catalogo Mostra a Vasto, 2014
Tanja Lelgemann, La terra cambia, in: Catalogo, La Nube di Oort, 2013
Cristian Stanescu, in: Catalogo, La Nube di Oort, 2013
Rosa Pierno, « Inciso/fluttuante« , in: Anterem, 2012
Maria Ida Gaeta , Doppio passo, 2009
Casa delle letterature, Milo De Angelis, Febbraio 2009, Poesia dedicata alla mostra Doppio passo, Casa delle letterature, Roma, 2009;
Jacqueline Risset, Naissance du cercle, in: Catalogue Galerie L’Agart, 2009
Rosa Pierno, Testo per mostra alla Galleria Ninni Esposito, Bari, 2009/2004
Carlo Alberto Bucci, in: Catalogo Il Frantoio di Capalbio, 2007
Alberto Abruzzese , Api e alchimia, in: Catalogo Galleria Il Frantoio di Capalbio, 2007
Susan Stewart, in: The Open Studio, University of Chicago Press, 2005
Susan Stewart, Organic Form and Perfection in Painting, in: Catalogo Galleria A.A.M., 2004
Annemarie Sauzeau, in: Punto di fusione, Catalogo Galleria A.A.M., 2004 Brunella Antomarini, Fotogrammi di periferie mobili, in: Catalogo Galleria A.A.M., 2004
Francesco Moschini, in: Punto di fusione, Catalogo Galleria A.A.M., 2004
Grace Glueck, New York Times, 29/1/1999
Claude Fournet, in: Peter Flaccus, Catalogue Galerie de l’Association Italo-Francese, Bologna, 1997
Donald Kuspit, Artforum 11/1993
Stephen Westfall, Art in America 5/1985
Gerrit Henry, Artnews 4/1985
Michael Brenson, New York Times 5/8/1983; 21/12/1984; 18/1/1985
Jon Friedman, Arts Magazine 9/1979
William Zimmer, Soho Weekly News 9/9/1979
Peter Frank, Art News 11/1977.
Film
Conversation entre Peter Flaccus et Pietro Moretti






