Gregorio Botta — « È materia delicata » à Turin

Gregorio Botta, artiste représenté par la Galerie L&C Tirelli, présente son exposition personnelle È materia delicata à la galerie Peola Simondi, à Turin, en collaboration avec la Galleria Studio G7 de Bologne.

« È materia delicata »

« È materia delicata » est une belle expression italienne désignant un sujet que l’on doit traiter avec attention, prudence et conscience. Aucune définition ne convient peut-être mieux à l’art : matière délicate par excellence, dont on s’approche sans hâte ni superficialité, avec amour et soin — et même avec circonspection, car l’art peut, et doit parfois, être dangereux.

Dans le cas de Gregorio Botta, la formule est plus juste encore : à une époque de culture toujours plus dématérialisée et numérique, son œuvre nous rappelle à la physicité, à l’importance du corps — le nôtre et celui de toute chose. Il travaille avec des éléments au lien ancien avec l’humain, inscrits dans notre ADN culturel : la cire, le plomb, le verre, l’eau, le fer, le feu, le marbre, et plus récemment les feuilles, les herbes et les fleurs. Transformées en quelque chose de plus léger, d’aérien, de suspendu, ces matières nous parlent de notre fragilité et de notre impermanence.

L’exposition turinoise s’ouvre peu après la personnelle de l’artiste à la Galleria Nazionale d’Arte Moderna de Rome (4 février – 18 mai), intitulée d’après un vers de la poétesse Emily Dickinson, « Just measuring inconsciousness ». La mostra de Turin en prolonge les atmosphères.

Les œuvres

Voici l’eau, qui s’écoule sur une plaque de plomb marquée de quatre blessures-sources. Voici l’albâtre, le plus lumineux et diaphane des marbres, qui semble renfermer un mystère — comme si un souffle l’avait creusé pour y déposer quelque chose, une feuille d’or par exemple. Viennent ensuite les papiers japonais et la cire des Noli me tangere, où feuilles et fleurs se mêlent à des traces de sang, à la manière de la cellule peinte à fresque par Fra Angelico au couvent de San Marco à Florence : une œuvre qui accueille la douleur dans la beauté de la nature.

Mais ce qui compte le plus, au-delà des pièces elles-mêmes, c’est le lieu que l’artiste cherche à créer : un espace esthétique qui invite au silence et à la contemplation. À l’image de la sculpture qui accueille le visiteur à l’entrée — une cloche tibétaine suspendue dans le vide. Elle ne peut sonner, mais son silence est plus fort que n’importe quel tintement.

Informations pratiques

Vernissage : 22, 23 et 24 septembre 2020 (14h – 21h).
Dates : du 22 septembre au 14 novembre 2020.
Horaires : mardi – samedi, 15h – 19h (matin sur rendez-vous).
Lieu : galerie Peola Simondi, Via della Rocca 29, 10123 Turin — en collaboration avec la Galleria Studio G7, Bologne.

L’artiste

Représenté par la Galerie L&C Tirelli, Gregorio Botta poursuit une œuvre sensible où la matière devient méditation et silence.